L’intérêt d’un chemin de pèlerinage est de rassembler, unir les personnes autour d’un projet commun. Ce n’est pas un chemin de randonnée où chacun porte un projet qui lui est propre. Ce projet commun se trouve dans un subtil équilibre entre projet religieux du croyant et le projet spirituel du profane. Tel l’équilibre des forces au sein de l’atome entre les forces centripètes qui attirent l’électron vers le noyau et les forces centrifuges qui le pousse à rejoindre un autre noyau.
Nous apprenons toute notre vie, plus ou moins vite, plus ou moins consciemment, en prenant une direction qui est propre, plus ou moins égoïste ou humaniste. iI nous faut sans cesse retrouver le chemin d’hier, les traces que nous avons laissées, pour imaginer un nouveau chemin, un chemin pour nos enfants.
Notre chemin est parsemé de petits cailloux. Nous les suivons toute notre vie, ils ne sont pas disposés par quelqu’un comme un jeu de piste, c’est nous qui les sélectionnons au fil des évolutions de notre conscience. Nous créons notre chemin grâce à eux. Oui, je suis un pèlerin, j’ai tracé mon chemin, tel le petit Poucet, en semant, plus ou moins volontairement, sur son trajet des graines dans l’espoir de les voir germer, fleurir, se reproduire… Maintenant, à l’aube de cette vie, à ce moment charnière où la société nous fait comprendre que nous devenons inutile pour elle, des charges, je reviens sur moi-même.
Le pèlerinage est une manière de nourrir sa spiritualité, une manière de la partager pour en tirer un enseignement personnel qui se traduit par un enrichissement collectif. Ce qui fait la valeur d’un pèlerinage est le sens que l’on lui donne. Nous sommes programmés pour agir dans le but de nourrir aussi bien notre corps que notre esprit.