Une journée de pèlerins, ce matin, dans la douceur de l’aube naissante, je pars à la recherche des petits bonheurs de ma journée de pèlerin.
Le pèlerinage est une manière de nourrir sa spiritualité, une manière de la partager pour en tirer un enseignement personnel qui se traduit par un enrichissement collectif. Nous sommes programmés pour agir dans le but de nourrir aussi bien notre corps que notre esprit.
Nous apprenons toute notre vie, plus ou moins vite, plus ou moins consciemment, en prenant une direction qui est propre, plus ou moins égoïste ou humaniste.
Je pars en mettant ma journée dans les pas de la Providence, ce hasard qui n’en est peut-être pas un.
Je pars à la recherche à la recherche d’un équilibre intérieur nécessaire pour vivre.
Chaque matin du monde est un renouveau, un nouveau départ vers une nouvelle aventure, un nouveau défi, une quête d’immortalité sans fin. Une journée de pèlerin est une métaphore de la vie.
Chaque matin est un retour à la source de ce que je suis, une nouvelle impulsion de la force qui m’emmène vers l’avant, celle qui lutte contre les forces qui me tirent en arrière ou qui le freinent.
Chaque jour je vois qui je suis, chaque jour je vois ce qu’est le monde qui m’entoure. Je suis connecté…
Ce fut, sans doute, une rencontre spirituelle. À chacune de nos rencontres, il a eu les mots, les expressions, la manière d’être, la pensée, que j’aime, que j’aurais aimé avoir et qui sommeillaient en moi, faite d’avoir réussi à les exprimer ou les mettre en forme.
Les gens qui reviennent d’un long voyage irradient souvent de quelque chose de grand, pur, passionné et passionnant.
L’intérêt d’un chemin de pèlerinage est de rassembler, unir les personnes autour d’un projet commun. Ce n’est pas un chemin de randonnée où chacun porte un projet qui lui est propre. Ce projet commun se trouve dans un subtil équilibre entre projet religieux du croyant et le projet spirituel du profane. Tel l’équilibre des forces au sein de l’atome entre les forces centripètes qui attirent l’électron vers le noyau et les forces centrifuges qui le pousse à rejoindre un autre noyau.
Le pèlerinage peut être un pèlerinage pénitentiel, de prière pour soi ou un proche, rédempteur, salvateur, voire de quête d’un absolu qui glisse en nous comme le sable entre nos doigts, mais toujours il sera un moyen de s’améliorer, de se comprendre et de s’ouvrir à l’autre et au monde. Un retour sur soi pour mieux s’ouvrir à l’autre. Dans le silence, la possibilité de se retrouver, retrouver ce qui nous motive, ce qui peut redonner du sens à notre existence. Progresser vers un état de conscience supérieure. L’homme peut-il améliorer sa nature, tu as répondu oui !
Ce qui fait la valeur d’un pèlerinage est le sens que l’on lui donne. Dans une période bancale, chacun et tous, il nous faut retrouver le chemin d’hier, les traces que nous avons laissées, pour imaginer un nouveau chemin, un chemin pour nos enfants.
Notre chemin est parsemé de petits cailloux. Nous les suivons toute notre vie, ils ne sont pas disposés par quelqu’un comme un jeu de piste, c’est nous qui les sélectionnons au fil des évolutions de notre conscience. Nous créons notre chemin grâce à eux.
J’aime le matin, la naissance d’une nouvelle journée, un nouveau cycle de vie. Le mental n’étant pas encore trop occupé, c’est le moment idéal pour s’approprier la musique du monde.