Comment peut-on aujourd’hui détourner le regard de la misère sociale existant en France et dans le monde. Comment refuser de montrer et parler de la réalité vécue par 10 à 15 millions de français pauvres.
Comment ne pas s’intéresser au monde rural mourant. Comment ne pas être choqué du délabrement général des villes, des hôpitaux, des écoles, des maisons de retraite, des services publics, des gares, des routes, etc.
Et pourtant, c’est le quasi-silence dans notre république dite fraternelle. Déni d’une réalité qui crève l’écran de nos télévisions, éclabousse nos vies, pollue notre environnement, rend triste et malheureux. Manipulation grossière des foules sans conscience qui prépare un avenir sombre, violent et sans âme. Anesthésie morale, inconscience, soumission…
Les médias, le monde politique jugeraient-ils ce sujet sans importance, pas assez vendeur. Enfermé dans le superficiel et l’immédiateté, les médias oublient bien volontairement leur implication dans le développement de l’esprit citoyen et humain face à la culture de l’époque. Le culte de l’émotion par la publicité, les jeux, le sport, les séries, la télé réalité, a t’il fait perdre la raison aux journalistes et représentants de la population ?
Les hommes et femmes que nous sommes auraient-ils perdu toute sensibilité ou humanité, tétanisés par l’enjeu, égoïstement repliés sur eux par peur de l’autre et d’une réalité inquiétante et dérangeante, conditionnés pour ne plus voir ou entendre les cris de désespoirs, comprendre l’autre, percevoir l’abîme vers lequel le monde se dirige ?
Que sont devenues les valeurs qui ont permis de construire notre société ?
Pourquoi cette aridité de notre coeur ?
Pourquoi cette incapacité à respecter l’être humain ?
Pourquoi cette fuite devant nos responsabilités ?
Politique sans conscience n’est que ruine de l’âme, de l’homme donc…